dimanche 1 janvier 2017

C’est qui ce Jean-Louis Aubert ?


Jean-Louis, c’est un être humain ! 

 

 



Y a un type qui est sur facebook et qui chante accompagné de sa guitare. 
Quoi de plus banal sur internet ? 
Encore un qui veut percer, qui veut se faire remarquer par les producteurs ?
En plus, c’est bizarre parce que d’habitude ceux ou celles qui chantent sur les réseaux sociaux sont jeunes, plein d’énergie et tirés à quatre-épingles-sexy.
Lui, nonchalant, doit avoir dans les 60 ans, secoue sa tignasse gris filasse, porte de grosses lunettes de myope et a vraiment l’air de se moquer de son look sur sa vidéo. 

Il a le rire facile et la ride joyeuse.
C’est qui ce type ?
Un type qui totalise un nombre de vues et de “J’aime” assez impressionnant pour un pré-retraité.
Bien entendu que je sais qui est Jean-Louis Aubert.
Mais moi je le connais surtout du temps de "Téléphone", un groupe que je n’aimais pas particulièrement vu que j’étais plus porté sur la musique de club. 

Ensuite, je n’ai pas suivi sa carrière solo car je n’habitais plus en France.
L’autre jour, je suis tombé par hasard sur un direct qu’il faisait depuis chez lui, sur facebook.
Par curiosité, je suis resté quelques minutes à l’écouter. 

Sa simplicité m’a touché. 
Ses chansons, inconnues pour moi, jouées avec une guitare qui s’appelle Martine, m’ont charmé. 
Des mélodies simples servies par de jolies paroles pétries d’humanité. 
Je me suis même pris à en réécouter certaines sur mon abonnement de musique en ligne.
Et alors ?…
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
J’aurais tout aussi bien pu vous expliquer que mon train de ce matin était en retard, ce qui est très rare au Japon, et que, comme un flegmatique nippon, je n’ai pas eu de geste ni même de pensée d’agacement. (Ce qui n’est pas vrai.)
Pourtant, je préfère vous parler de Jean-Louis et de Martine.
J’ai cherché la raison toute la journée.
Et je l’ai trouvée. (Heureusement sinon cet article s’arrêterait en queue de poisson, ici même.)
Jean-Louis, c’est un être humain. 



http://www.chartsinfrance.net/style/breves/8/photo_1397461338.jpg




Vous avez compris ce que je veux dire ?
Regardez le début d’une de ses vidéos live et je vous mets au défi, si vous avez le temps (et encore plus si vous en manquez), de ne pas musarder avec lui au fil de ses sourires, de sa gentillesse et de ses accords de guitare (à 6 ou 12 cordes).
Aubert nous apporte sa douceur, sa tranquilité, ses mélodies. Pendant quelques instants, il nous met en pause. 

Plus de rush, plus de stress, plus d’inquiétude. 
L’ami Jean-Louis va nous distraire.
Et vous savez quoi ? 

Nous en avons grand besoin.
Je ne vais rien vous apprendre, le monde va très bien. 

C’est juste qu’il semblerait qu’une grosse poignée d’imbéciles ait décidé de tout foutre en l’air, de nous gâcher notre temps de vie, de nous faire flipper d’une manière ou d’une autre. 
Vous avez le choix : terroristes, politiciens, santé, etc, tout parait se liguer de façon à nous contaminer le quotidien.
Alors quand Jean-Louis avec ses jolies dents blanches et sa timidité en bandoulière vient nous proposer quelques chansons, juste entre lui et nous, au coin du feu, on ne peut pas résister. 

On se laisse aller. 

 

 https://www.youtube.com/watch?v=AVVA4go1fvE

 

On oublie d’écrire le chapitre de son prochain livre, on se moque bien de savoir si le train suivant pour Shinagawa sera à l’heure et la vie, d’un coup, devient plus douce.
A moins de vivre en autarcie à la campagne (et encore !), il est impossible de nos jours d’échapper à tous les maux dont je vous parlais plus haut.
On se dit que globalement a touché le fond, que cela ne peut pas aller plus bas. 

Mais, que ce soit en matière de sécurité, de santé ou de politique, chaque année apporte son lot de désagréables surprises. 
Avec un désespoir aussi lourd sur nos épaules, je suis d’ailleurs surpris qu’il n’y ait pas encore eu de révolution personnelle.
Cela vous choque que je dise cela ?
Je passe de Jean-Louis-et-Martine à Mai-68-sous-les-pavés-la-plage ?
Parce que tout est lié.
S’il n’y a pas de révolte ou d’insurrection, nous le devons justement à tous les Aubert qui fleurissent maintenant sur internet. 

Je ne leur jette pas la pierre, au contraire, j’apprécie la façon dont ils soulagent temporairement nos bobos existentiels. (Autre exemple ? 
Essayez les cahiers à colorier pour adultes, ou les chroniques de Guillaume Meurice, vous m’en direz des nouvelles.) 




Par contre, c’est une aubaine pour tous ceux qui ne veulent pas nous voir ruer dans les brancards. 
C’est un peu comme Panem et circenses, vous savez, la stratégie utilisée par les empereurs romains pour calmer le peuple et les amadouer.
Du pain et des jeux !
Jean-Louis, symboliserait les jeux mais le pain alors ? 

Disons qu’il y en a très peu de bon et pour le reste, Monsanto et consorts s’occupent de nous.
On peut aussi nous nourrir avec de la peur.
Ce qu’il y a de bien avec la peur, c’est qu’elle est un terrible coupe-faim. 

On ne mange plus, on devient faible et on oublie tout.
On oublie ce que c’est d’être libre.
A ce moment-là, c’est déjà perdu.
Allez donc vous rebeller lorsque l’expression état d’urgence, répétée, assénée, drillée par les média dans nos têtes, est devenue tellement commune qu’on ne se rend plus compte de la violence qu’elle représente et qu’on se demande même comment on a pu vivre sans, avant ?
Redonnez-moi un petit coup d’état d’urgence enrobé d’un zeste de Jean-Louis Aubert.
Parce que le chanteur avec sa Martine, il n’est peut-être pas si innocent que ça non plus. 

Il ne doit pas avoir trop de soucis avec ses fins de mois et, tout en douceur, il arrive quand même à nous glisser pendant son direct, toutes les dates de ses futurs concerts…
Mais quoi ? c’est de bonne guerre, non ?
Moi aussi je promotionne mes livres, je parle de mes futurs concerts entretiens et on ne va pas me faire un procès pour cela. 

Quoique, avec notre amie l’état d’urgence, bien grasse et bien assise sur nos institutions, étouffant tout, dans quelques années peut-être que j’aurai des soucis. 
Et Jean-Louis aussi.
Là, j’arrive à la fin de mon article et généralement, c’est ici que je prodigue quelques conseils pour voir la vie en couleur – malgré tout ! -, me comportant ainsi comme un agent zélé du bien-être à tout prix mâtiné d’une touche d’aubertitude optimiste.
Pas aujourd’hui.
En France, nous avons le plan Vigipirate.
Je propose que l’on crée le plan Vigibonheur qui nous encouragerait à ne pas nous assoupir sur notre esprit critique. 

Ce n’est pas parce qu’un gars avec une tête d’enterrement et un costume cravate nous lance, sur un ton péremptoire, une phrase bien huilée, qu’elle est vraie. 
Nous devons prendre le recul nécessaire pour l’analyser même si, ce n’est pas toujours facile.
Notre bonheur dépend de nous. 

Chacun doit faire sa part. 
Il y a déjà plein d’initiatives, des gens se lancent, collaborent, c’est un bon début. 
Et vous ?
Jean-Louis lui, il fait sa part. 

Toujours, on aura besoin de tous les Aubert du monde pour nous soutenir, nous réconforter, nous revigorer, de temps en temps.
L’entraide, c’est une belle valeur. 

Sans doute celle qui nous sauvera.
Voilà, c’est fini. 


Par Jean-Philippe 


Source :  http://revolutionpersonnelle.com/2016/02/cest-qui-ce-jean-louis-aubert/#more-5522 

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