mercredi 14 mai 2014

Énergie verte : La méthanisation agricole ?

Méthanisation agricole : un autre chemin vers la transition énergétique ?




La méthanisation qui permet de transformer les déchets et les matières organiques en fertilisant et en énergie représente selon l'ADEME une solution d'avenir, capable de faciliter la transition énergétique et écologique de notre société.
En forte croissance dans le secteur agricole, elle présente à la fois un réel potentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et ouvre de nouveaux débouchés économiques.
Objectif : 1 000 unités de méthanisation en 2020, en grande partie agricoles
La méthanisation agricole connaît une forte croissance. 
Alors que l'on ne recensait en France, en 2008, que quelques installations, 160 unités de méthanisation agricole sont aujourd'hui en fonctionnement avec une capacité de production de 350 GWh d'électricité et 500 GWh de chaleur, soit l'équivalent de la consommation en chauffage de 35.000 foyers.

Une progression à soutenir et encourager car la méthanisation permet de produire, à partir des déchets de l'exploitation, un fertilisant et de l'énergie qui peuvent être utilisés par l'exploitation, et réduire ainsi l'utilisation d'engrais minéraux et d'énergies fossiles. 
C'est donc une des voies à exploiter pour améliorer le bilan environnemental du secteur agricole. 
D'autres domaines présentent également un potentiel de développement intéressant telles les stations d'épuration urbaines, ou la gestion des déchets organiques des entreprises et collectivités.
La méthanisation est une voie vers la transition énergétique. 
C'est ce que souligne l'ADEME dans le cadre de ses scénarii de prospective énergétique qui prévoient que le biogaz fournira 3 à 3,5% de la production d'énergie en 2030 et 2050. 
En 2050, la moitié du gaz de réseau serait ainsi issue de la méthanisation. 





Certains pays ont basé le développement de la méthanisation sur l'utilisation de produits agricoles propices (notamment le maïs), ce qui peut amener un risque de concurrence entre des cultures alimentaires et des cultures à vocation énergétique. 
La France mise, de son côté, sur un modèle plus vertueux basé sur le traitement des déchets organiques existants et l'optimisation des usages du biogaz produit. 
C'est ainsi un double bénéfice qui est recherché : développer une énergie renouvelable tout en contribuant au traitement de déchets (la méthanisation peut permettre notamment une meilleure gestion de l'azote issu des élevages).

Le développement de la méthanisation en Europe s'appuie jusqu'à présent sur une utilisation du biogaz pour la production de chaleur seule ou, le plus souvent, une production conjointe d'électricité et de chaleur : c'est la "cogénération". 
Le rendement énergétique de l'installation atteint alors 65% en moyenne au lieu de 35% pour la seule production d'électricité. 
La chaleur peut être utilisée pour les besoins de l'exploitation (ateliers d'élevage, séchage des fourrages,…) mais aussi pour chauffer des habitations alentours. 
Toutefois, les besoins de chaleur ne sont pas forcément constants sur l'année et ce système requiert un réseau de chaleur. 
Il convient donc, pour valoriser au maximum l'énergie produite, de rechercher des usages qui soient complémentaires.
 



Produire du gaz pour le réseau !

L'épuration du biogaz est une autre piste de valorisation très prometteuse. 
Elle permet la production de biométhane, gaz équivalent au gaz naturel, pour pouvoir l'injecter dans le réseau. 
Cette technologie permet d'obtenir un rendement particulièrement efficace supérieur à 90%. 
Elle implique toutefois d'être à proximité d'un réseau gaz.
Pour développer ce nouveau segment, la France contribue au programme européen Green Gas Grid dont l'objectif est de stimuler le marché européen du biométhane. 
Pour la France, entre 12 et 30 TWh de biométhane pourraient être injectés dans le réseau d'ici 2030. 
Actuellement, quatre unités de méthanisation pratiquent l'injection de biométhane dans le réseau (dans le Nord, la Lorraine, en Seine-et-Marne et en Vendée) ; quatre autres sont prévues d'ici fin 2014.


  Injection de biométhane dans le réseau : les professionnels restent dans l'expectative


Un gisement important dans les territoires !

L'ADEME a publié, en 2013, une estimation des gisements potentiels de ressources utilisables en méthanisation à l'horizon 2030 en France. 
Le gisement accessible est estimé à 130 millions de tonnes, hors cultures principales dédiées. 
Plus de 80 % sont issus du monde agricole (effluents d'élevage, résidus de culture, déchets ou fauches de prairie).
Si le potentiel est important, il varie selon les régions et nécessite une coordination de l'ensemble des acteurs du territoire (monde agricole, industriels, collectivités, administrations) pour le mobiliser efficacement et durablement, en cohérence avec les stratégies régionales sur le climat, l'énergie et la gestion des déchets.

 
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Une filière à soutenir pour renforcer sa rentabilité !

Afin d'évaluer la santé économique de la filière, l'ADEME a fait réaliser, début 2014, une étude sur les coûts d'investissement et la rentabilité de 21 installations de méthanisation. 
Cette étude montre tout d'abord que les coûts à l'investissement en euros par kW électrique installé sont moins élevés qu'attendus (5.610 € HT/KWe en moyenne pour les unités à la ferme et 6.520 €HT/KWe en moyenne pour les unités centralisées). 
Cependant cette filière, en devenir, nécessite encore aujourd'hui des soutiens financiers pour être rentable. 

Le dispositif de soutien à l'investissement est constitué d'aides provenant du plan de performance énergétique des exploitations agricoles du Ministère de l'agriculture (MAAPRAT), des Fonds Chaleur et Fonds Déchets de l'ADEME, du FEDER et FEADER de l'Union européenne, des agences de l'eau et des collectivités territoriales.
Dans les installations étudiées, ces soutiens publics couvrent le tiers de l'investissement.
L'objectif est donc d'optimiser les coûts à l'investissement, notamment par l'utilisation de solutions types, tout en améliorant le rendement global des installations (meilleure transformation de la matière, optimisation de l'utilisation du biogaz, valorisation efficace des fertilisants présents dans le digestat).

Source :
http://www.enerzine.com/12/17273+methanisation-agricole---un-autre-chemin-vers-la-transition-energetique+.html

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